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jeudi 10 mai 2007 par Le Nouveau Réveil

En Côte d'Ivoire, les églises évangéliques prospèrent dans le climat de détresse ambiant.
Quiconque cherche Dieu n'a que l'embarras du choix, lorsqu'il emprunte la rue du lycée Le Mahou, au quartier du Plateau-Dokui, à Abidjan. Sur cette courte voie défoncée cohabitent la Mission évangélique prophétique (MEP), une mosquée, la Mission internationale source de vie (MISV) et la Mission évangélique grâce de vie (Meg-Vie). Dans une rue parallèle, se trouvent l'église de Foursquare, réservée aux anglophones et notamment aux Nigérians, très nombreux dans ce coin de la ville, et d'autres sans dénomination particulière. En se promenant dans ce petit pâté de maisons situé entre le quartier chic de Cocody et celui, plus populaire, d'Abobo, on dénombre une bonne quinzaine d'églises ou temples. Sans compter tous les domiciles privés qui se transforment en lieux de culte les dimanches et même les jours ouvrés. Ce sont des chants religieux et des prières que l'on entend partout. Et il en est ainsi dans tout Abidjan, ainsi que dans toutes les villes du pays.
Ce dimanche, nous optons pour la cathédrale de la Meg-Vie. C'est un imposant bâtiment entièrement climatisé qui peut accueillir plus de mille fidèles, construit au pied d'un pylône de haute tension, au bout de la rue du lycée Le Mahou. Un homme en costume contrôle à l'aide d'un détecteur de métaux tous ceux qui y entrent. La salle est pleine à craquer. Sur l'estrade en marbre, un orchestre fait danser les fidèles.
Parmi les choristes se trouve une chanteuse bien connue qui a accompagné plusieurs artistes locaux. Dans l'assistance, des dames très classe et de jolies jeunes filles en grandes tenues, des hommes en costume de bonne coupe de tous les âges, et plusieurs célébrités du show-biz ivoirien. Des fidèles viennent témoigner des grâces reçues de Dieu. Untel a été admis à un examen ou concours, telle autre a été guérie de ses fibromes, tel autre a vu son fils ou son père qui était au bord de la tombe retrouver vie.

Des vedettes dans la danse
Chaque témoignage est très applaudi par la foule. Lorsque la salle est bien chauffée, le bishop (l'évêque, en anglais) Guy Vincent Kodja fait son entrée. Il observe la salle, murmure à l'oreille d'un des pasteurs, puis empoigne un micro et se met à chanter et à danser. C'est le délire dans l'assistance. Tout le monde fait chorus au nom de Jésus. On ne sait plus si l'on est à un concert ou à une messe. Le bishop est bien dans son élément. Dans une précédente vie, il s'appelait Turbo, et était l'un des trois membres du célèbre groupe musical de rap RAS. Les jeunes filles se pâmaient à chacune de leurs apparitions. Puis Guy Vincent a rencontré Dieu et a fondé son église. Il n'a rien perdu de son charisme et est toujours une bête de scène. On se surprend à esquisser des pas de danse en l'écoutant chanter. Parmi ses " adjoints " massés derrière lui, se trouve le pasteur MC Claver qui, lui aussi dans une autre vie, animait une émission de rap à la télévision ivoirienne. Il s'était auparavant essayé à la musique, mais sans succès. Fils du premier président de la Haute-Volta (aujourd'hui appelée Burkina), feu Maurice Yaméogo, MC Claver a longtemps vécu en Côte d'Ivoire, avant de retourner dans son pays, où il est pasteur et animateur de radio sous le même nom, avec une petite différence toutefois : MC veut désormais dire Mission du Christ (et non plus, comme dans le hip-hop, maître de cérémonie).
Ce dimanche, il est venu à Abidjan pour se marier. La cérémonie religieuse se déroulera dans l'église de son ami Guy Vincent qui lui a fait découvrir Dieu et a assuré sa formation biblique. Ils sont nombreux, les hommes et femmes du show-biz ou des médias ivoiriens qui se sont donnés à Dieu. Léonie Gnaly, dite Tantie Léo, qui animait une émission pour les enfants à la télévision, prêche maintenant dans les rues d'Abidjan avec un mégaphone. Macy Domingo, autre ancienne gloire de la télévision nationale, anime désormais des émissions religieuses, et Waby Spider, qui fut boxeur et chanteur, est devenu pasteur de l'église Winner Chapel. De même, il existe maintenant une catégorie de chanteurs que l'on appelle les chantres. Ce sont ceux qui ne font qu'exalter Dieu. A chacun de leurs concerts, ils font salle comble. Après la musique et la danse, le bishop Kodja se met à prêcher. Pendant au moins deux bonnes heures. Chaque fois qu'il descend de l'estrade pour avancer vers les fidèles, des gardes du corps viennent l'entourer pour que les Jeunes filles ne lui sautent pas dessus. Il évoque les bienfaits que procure le fait de donner à l'église et de payer sa dîme. Tout au long du prêche, de nombreux fidèles se lèvent pour aller mettre des billets de banque dans une corbeille. Puis suivront deux quêtes appelées offrandes. Lors de la seconde, chacun est invité à montrer la somme qu'il s'apprête à mettre dans le panier. Puis les fidèles qui ont payé leur dîme sont invités au pied de l'autel pour recevoir une bénédiction spéciale. Nombre d'entre eux, surtout des femmes, tombent en transes. Guy Vincent vient souffler sur le visage de l'une d'entre elles. Elle s'écroule, en transes, elle aussi. Le culte dure plus de quatre heures. A la fin, le serviteur de Dieu reçoit dans son bureau, solidement gardé par des hommes en treillis militaires et armés de mitraillettes.

L'obédience des églises
Depuis quelques années, l'on assiste à une explosion du culte évangélique en Côte d'Ivoire. Il y a les églises d'obédience américaine, brésilienne ou mêmes coréenne, et il y a celles qui ont été créées par des Ivoiriens, telle la Meg-Vie du bishop Guy Vincent Kodja. La Meg-Vie est en passe de devenir une multinationale. Elle dispose de lieux de culte dans les quartiers abidjanais de Koumassi et de Yopougon, ainsi qu'à Gagnoa, et en a ouvert un autre à Tunis. L'ancien centre culturel de Treichville est occupé depuis des années par l'église la Source, tous les cinémas de quartier d'Abidjan ont été rachetés par l'Église universelle du royaume de Dieu, venue du Brésil, et les jardins publics du Plateau sont occupés toute la journée par des pasteurs de tous poils. Entre midi et deux, dans le jardin situé en face de la Sorbonne, où les fidèles parmi les fidèles du président Gbagbo viennent crier leur haine de la France, de la rébellion et de tous les opposants politiques, on vient évangéliser dans une belle cacophonie. Je m'y rends un vendredi. Pendant qu'un groupe d'une dizaine de personnes chante à tue-tête des louanges à Dieu en se tenant par la main, un pasteur accompagné d'une jeune fille hurle pour faire entendre ses imprécations contre tous ceux qui pratiquent la masturbation, la sodomie, la fellation et toutes les pratiques sexuelles "démoniaques". Un peu plus loin, un autre trace à la craie sur le sol les différents paradis. Les places publiques de la capitale économique servent à des séances de prières. Au Plateau Dokui, une école primaire cohabite avec une église ivoiro-coréenne, tandis qu'un établissement scolaire technique privé se transforme en lieu de culte les dimanches. Le Théâtre de la cité de Cocody, ancienne salle de spectacles réservée aux étudiants, sert d'amphithéâtre en semaine et de salle de prière les dimanches, pour l'église la Source qui occupe déjà le centre culturel de Treichville. À l'Assemblée nationale, la salle des fêtes est aussi transformée les mercredis en lieu de recueillement. Au palais de la présidence, une pièce est réservée aux dévotions du couple Gbagbo.
Tiburce Koffi, ex-directeur de la Bibliothèque nationale, a eu maille à partir avec un groupe qui tenait à venir faire ses prières dans ses locaux. "Ils ne voulaient absolument pas m'entendre, lorsque je leur disais que ce n'était pas un lieu pour cela. Une fois, j'ai dû faire venir les forces de l'ordre, mais ils ne voulaient pas partir. Ils ont failli se battre avec les policiers. J'ai reçu plusieurs coups de fil du cabinet de mon ministre de tutelle pour me demander de leur ficher la paix. Finalement, c'est moi qui suis parti de la Bibliothèque nationale. Eux, ils y sont toujours."

Raison de l'explosion de foi
Chaque jour, avant le journal télévisé de 13 heures, au cours de l'émission " Midi Première ", des pasteurs viennent inviter les téléspectateurs à les rejoindre pour des séances de prière ou des croisades d'évangélisation. Tout le monde peut y venir faire une annonce, de quelque nature que ce soit, pourvu qu'il s'acquitte d'un droit de passage. Il en est de même pour les radios, les murs d'Abidjan sont tapissés d'affiches publicitaires de pasteurs.
Qu'est-ce qui explique une telle explosion de foi ? Pour le prophète Elie, fondateur de l'église la Consolation, la crise actuelle en est une des causes. "Chaque fois que l'homme vit une situation de détresse psychologique et matérielle, il ne trouve de ressource véritable que dans Dieu. Mais, sur le plan spirituel, quelque chose est en train de se passer en Côte d'Ivoire. Dieu a un plan pour ce pays ", explique-t-il, lui qui, dans une autre vie, s'appelait Thiam Ahdul-Karirn et était dramaturge. Une de ses pièces, Ramsès le nègre, avait été primée par Radio France internationale. Son église, basée à la Riviera, a " fait des petits " dans les quartiers de Yopougon et de Treichville, et a Yamoussoukro. Il y a certainement du vrai dans les propos du prophète Elie. Il est incontestable que depuis le coup d'Etat de 1999, la Côte d'Ivoire a amorcé une véritable descente aux enfers, et le moins que l'on puisse dire est que la population ne sait plus à quel saint se vouer. Aux crises sociale, militaire et politique s'est greffée une sévère crise économique dont personne ne voit la fin. Ce sont des milliers d'Ivoiriens qui ont perdu leur emploi et, souvent, leurs maisons et leurs proches, au cours des combats qui ont ravagé le centre et l'ouest de la Côte d'Ivoire. Les bidonvilles fleurissent un peu partout dans la ville d'Abidjan et l'on y retrouve de plus en plus de personnes qui, il y a peu, vivaient plutôt dans une certaine aisance. Personne n'est capable de dire aujourd'hui où va le pays, qui semble se trouver dans un tunnel sans la moindre lumière au bout. Le dernier espoir de toutes ces personnes déboussolées ne peut être que Dieu.

Mme Gbagbo prêche
Surtout que l'exemple vient d'en haut. Le chef de l'État et son épouse figurent parmi les plus fidèles des églises évangéliques. La télévision nationale montre souvent la Première dame en train de prêcher dans un de ces lieux de culte. Et le discours du président est constamment truffé de références à la Bible, du genre " c'est Dieu qui donne le pouvoir, c'est lui qui peut l'enlever à celui à qui il l'a donné". Plus d'une fois, Laurent Gbagho s'est comparé à Moïse ou au roi David de la Bible pour parler des épreuves qu'il traverse depuis qu'il a accédé au pouvoir suprême. Au début de la guerre civile, le chef de l'Etat ivoirien, ancien élève d'un séminaire catholique, et son entourage passaient plusieurs jours à jeûner. Tous les Ivoiriens connaissent le pasteur Koré Moïse, le fondateur de l'église Shékina, président de la Fédération ivoirienne de basket et guide spirituel du président. Les serviteurs de Dieu qui défilent à la télévision répètent inlassablement que la crise nationale est avant tout spirituelle, et que le pays en sortira vainqueur, mais uniquement par la prière.
Mais il faut ajouter à cela la mentalité propre aux Africains, forgée par les traditions religieuses d'antan. Contrairement à l'église catholique, par exemple, l'animisme africain ne proposait pas au fidèle une place auprès de Dieu après la mort. Il proposait plutôt des remèdes à des problèmes concrets que vivaient les hommes sur terre. Lorsque, par exemple, la sécheresse ou une épidémie sévissent dans une région, on fait des sacrifices aux dieux ou aux ancêtres pour éloigner ces fléaux. Et ils sont encore nombreux, ceux qui croient au surnaturel. Les décès, les échecs, les accidents et les maladies ont rarement des causes naturelles en Afrique. Ils sont toujours l'?uvre d'un sorcier. Et en permanence, on s'efforce de dénicher qui pourrait vous protéger contre ces sorciers présents dans tous les villages. C'est un peu ce que proposent ces nouveaux courants évangéliques, et c'est ce qui fait leur succès par rapport aux églises traditionnelles qui se vident de plus en plus. Ils offrent une protection contre les mauvais sorts et un bonheur immédiat, palpable. L'un de ces pasteurs nous disait un jour : " On vous dit que le bonheur se trouve là-haut. Ce n'est pas vrai. Le vrai bonheur se trouve ici-bas. C'est ici qu'il faut le chercher. " Alors, on y va pour chercher un succès à un examen, du travail, obtenir une guérison, décrocher un mari ou une épouse, de préférence riche. Ainsi le Plein Evangile, fréquenté par des hommes d'affaires, est un lieu de culte très prisé des femmes célibataires. Tous ses membres ont la réputation d'être riches. Chaque jour, avant chaque office, on vient témoigner du miracle que l'on a personnellement vécu, grâce aux prières des pasteurs et prophètes. Et les églises qui ont le plus de fidèles sont celles où l'on réalise le plus de miracles.
Plutôt qu'à une explosion de foi, ne sommes-nous pas plutôt en train d'assister à une explosion de naïveté ? En 200l, le professeur Kotchy, de l'université d'Abidjan, avait écrit ces lignes dans un journal ivoirien : " La crise économique a provoqué la crise socio-politique et morale. Et tout a été dévoyé, même la religion, et une race d'escrocs s'étant proclamés pasteurs ou prophètes en profite pour abuser la population. Tout comme les faux-monnayeurs, ils promettent un bonheur, une fortune immédiate. Mais c'est surtout la leur qu'ils assurent. " II est vrai que les plus en vue de ces serviteurs de Dieu roulent carrosse. Toujours habillés en costumes de bonne coupe, souvent les doigts et les poignets couverts de bagues et de bracelets en or, certains d'entre eux n'hésitent pas à exhiber à la télévision leurs chaussures et vêtements pour démontrer que quiconque les suit est appelé à être riche. Est-ce une simple coïncidence si toutes les fois qu'il nous a été donné d'assister à l'un de ces cultes, l'accent était mis avec insistance sur la nécessité pour les fidèles de donner de l'argent à l'église ? Le message est schématiquement celui-ci : "Dieu est généreux. Mais il n'accorde sa grâce qu'à ceux qui sont reconnaissants envers lui." Et la reconnaissance envers Dieu s'exprime par le paiement de la dîme, c'est-à-dire le dixième de ses revenus. On paie cela au pasteur, bien sûr, lui, le représentant de Dieu sur terre. Des passages de la Bible soigneusement sélectionnés viennent toujours appuyer cette exigence. Et l'on insiste lourdement sur les bienfaits qui accompagnent celui qui donne. Et le plus souvent, les messes ressemblent plus à des collectes de fonds qu'à un culte en l'honneur de Dieu.

Au moins deux quêtes
A chaque office, il y a au moins deux quêtes. Dans certaines églises, le fidèle qui prétend ne pas avoir d'argent signe une sorte de reconnaissance de dette. Tout se paye dans ces églises. Chaque prière se fait contre monnaie sonnante et trébuchante. Parfois, pour certaines d'entre elles, il est exigé d'acheter jusqu'à des centaines de bougiesvendues par le pasteur à des prix exorbitants. Chez le prophète Zrédji qui officiait dans un petit village de la région de Lakota et qui vient de mourir, on utilisait beaucoup de bougies, de bouteilles de parfum, d'alcool, et des morceaux de pagnes pour intercéder auprès du seigneur. Et tout cela était vendu dans l'unique boutique de la bourgade, qui lui appartenait. Nombreux sont les Ivoiriens qui ont fui certains de ces cultes qui les avaient ruinés. D'autres y ont perdu leurs épouses ou maris.
Certains pasteurs décrètent en effet que tel couple est mal assorti au regard de Dieu et l'oblige à se séparer.
Puis il attribue à chacun celui ou celle que Dieu lui a réservé. Les femmes célibataires et financièrement aisées se voient toujours attribuées des hommes jeunes, mais généralement chômeurs. Parfois les choses vont plus loin et prennent une tournure dramatique. Il y a quelques années, une juriste avait brûlé vive sa propre mère parce que le pasteur avait décrété qu'elle était une sorcière. Un médecin qui travaille dans un programme de lutte contre le sida nous a raconté comment de nombreuses personnes atteintes de la maladie ont pour ainsi dire été tuées par ces curieux serviteurs de Dieu : "Lorsque vous annoncez à certaines personnes qu'elles sont séropositives, elles vont tout droit dans une de ces églises. Et là-bas, on leur demande de jeûner, avec parfois des arguments aussi farfelus que le fait de ne pas manger prive aussi le virus de nourriture et entraîne sa disparition. Au bout de quelques mois, quand on les revoit, il est généralement trop lard. Certains cultes interdisent tout simplement d'aller à l'hôpital ou de prendre des médicaments. Les malades doivent compter sur les prières et les jeûnes pour guérir."
En 2006 a éclaté ce qu'on a appelé le scandale des maisons de placement d'argent. À coup de publicité, on proposait à des individus de placer de l'argent contre des intérêts absolument faramineux. Pour une somme de cent mille francs CFA investie, l'on pouvait gagner jusqu'à un million de FCFA au bout de quelques mois. Les premiers déposants ont effectivement tiré de gros bénéfices, et l'affaire s'est répandue dans tout le pays. Un communiqué du ministre de l'Economie et des Finances, qui mettait en garde contre ces "maisons de placement" n'a pas réussi à freiner les Ivoiriens dont certains y ont déposé toutes leurs économies. Au bout du compte, ce sont des milliers de personnes qui se sont retrouvées ruinées. Et l'on a découvert que la plupart des dirigeants de ces "maisons" étaient des pasteurs qui ont, depuis lors, disparu dans la nature.

Des victimes à la présidence
Jusqu'à ce jour, les victimes défilent régulièrement à la présidence de la République pour demander justice. Est-ce un hasard si bon nombre des églises qui sévissent en Côte d'Ivoire sont originaires du Nigeria, dont l'une des spécialités est l'escroquerie ? "Dieu ne fait rien au hasard", nous avait dit le prophète Élie, pour nous expliquer le soudain regain de foi des Ivoiriens. Ce sont peut-être les escrocs qui ne font rien au hasard. Ils se sont sans doute rendus compte qu'à cause de la crise, les Ivoiriens étaient devenus des gogos bons à plumer.

Par Venance Konan,
Correspondant à Abidjan
In Am 260-Mai 2007
NB : Le surtitre et les intertitres sont de la rédaction


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