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jeudi 14 juin 2007 par Nord-Sud

Retour aux ancêtres, deuil des lettres. Simone Kaya, première écrivaine ivoirienne a rangé la plume. Le 7 juin à Ouagadougou, une méningite a tourné sa page de vie sur la terre des hommes. Le lundi 11 juin, la dépouille a été ensevelie au cimetière de Gougouin. Simone Kaya, si ce nom n'est pas connu des jeunes générations il est écrit dans le marbre de la littérature africaine francophone. Née en 1937 à Bouaflé, cette date, elle la donnait toujours avec un brin de sourire. Parce que disait- elle les soucis des hommes de sa génération n'étaient pas de savoir leur date de naissance. Ivoirienne, elle est restée attachée à son Faso ancestral.

C'est une femme qui s'est battue pour ses idées à savoir la reconnaissance de la dignité de la femme africaine. Elle était une féministe engagée. Je l'ai rencontrée dans les ans 84-85. A l'époque, nous voulions enrichir notre écurie de femmes. Et au cours d'une soirée lorsque nous nous sommes rencontrés, elle m'a promis le manuscrit de ??Le prix d'une vie'' , témoigne Venance Kacou, Pdg des Editions Ceda. Joviale, la tête grisonnante, elle est venue pleine de chaleur en compagnie d'une de ses filles participer au Salon international du livre d'Abidjan (Sila) en 2004.Malgré l'âge Maman Simone respirait la forme d'une jeune femme. Discrète, elle tenait en haleine le public venu à la dédicace de son ?uvre Le prix d'une vie, sa dernière création publiée aux Editions Ceda. Elle partageait ses souvenirs et son parcours. D'ancêtres venus de la Haute Volta, actuel Burkina Faso, elle a parcouru la Côte d'Ivoire en compagnie de son père. C'est à Bocanda, qu'elle fait ses premiers pas à l'école des Blancs parce que son père voulait que ses filles sachent lire et écrire . A l'âge de 13 ans, la future écrivaine part poursuivre ses études en France. Pendant 17 ans, elle a abandonné la terre nourricière. Assistante sociale et infirmière, elle s'installe à Brazzaville puis à Yaoundé. Et depuis de nombreuses années, elle est retournée au bercail, sous le soleil de plomb qui l'a vu naître.

Première infirmière d'Etat de la Côte d'Ivoire, Simone a dirigé l'Institut national de la formation sociale.

Ce matin l'amphithéâtre A de l'université d'Abidjan est comble. Dans l'assistance, il y a plusieurs personnalités politiques et administratives. Si les étudiants semblent en nombre infime, la présence massive des femmes, qui occupent presque la moitié des sièges, ne peut passer inaperçue. En effet, dès l'entrée de la salle, chaque Africaine abandonne son compagnon de route pour aller prendre place auprès d'une collègue de travail, d'une amie d'enfance, d'une voisine, ou même d'une parente. Nous sommes comme mues par une habitude profonde traditionnelle. Nous nous sentons toutes concernées par les résultats que doit obtenir l'une d'entre nous. Après les salutations d'usage, les sourires accompagnant les signes d'amitié, nos regards fixent l'estrade au fond de la salle , ainsi commence ??Les danseuse d'Impé-eya, jeunes filles à Abidjan'(Inades,1976,127p).

La mort est laide. C'est peut-être une redondance. Hélas!





Coulibaly Brahima


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